Plus qu’un simple mariage

C''était en 1929, à Varsovie, un jour d''hiver. Des milliers de
dignitaires juifs venus de toute l''Europe se rassemblèrent
dans la capitale polonaise à l''occasion d''un événement
important : le Rabbi de Loubavitch de l''époque, Rabbi
Yossef Yits''hak Schneerson, mariait l''une de ses filles à un
jeune et modeste érudit, parfaitement inconnu.

Ces éminents invités étaient à mille lieues de se douter que
ce jeune homme, qui répondait au prénom de Mena''hem
Mendel, deviendrait un jour un vibrant et dynamique Rabbi. Il
leur était alors impossible d''imaginer qu’il ferait de la petite
communauté ''hassidique qu''était encore le mouvement
''Habad-Loubavitch un réseau d''influence morale et
religieuse de notoriété mondiale.

Ils ne pressentaient pas que ce jeune homme allait changer
la face de toute une génération et modifierait le cours de
l''histoire du Peuple Juif ni qu’il aurait une influence si
grande que des personnalités du monde entier se
tourneraient vers lui en quête de conseil, d''encouragement
et d''inspiration.

Pour ces invités, il s''agissait certes d''une célébration
remarquable et mémorable mais pas un événement de
portée historique : ce n''était, somme toute, qu''un Rabbi de
plus qui donnait une de ses filles en mariage à un jeune
érudit de plus.

Comment pouvaient-ils s''imaginer que celui-ci serait le seul
rabbin de l''Histoire à recevoir la Médaille d''Honneur du
Congrès Américain, la plus haute distinction civile aux Etats
Unis ?


Un véritable visionnaire

Comment, en effet, de cette personnalité marquée par la
simplicité et la modestie, a-t-il pu surgir un homme d''une
envergure planétaire ? Comment un jeune rabbin méconnu
s''est-il révélé être une telle source de lumière dans la Torah
? Comment est-il devenu une figure révérée par plus d''un
million de disciples dans le monde pour sa sainteté et sa
piété ?

C''est là l''histoire exceptionnelle de quelqu’un qui ne
chercha jamais la grandeur mais à qui la grandeur était un
caractère inné. Un homme qui ne chercha jamais la
notoriété mais qui devint l''autorité juive la plus connue au
monde. L’histoire d''une personne qui ne vivait qu''à travers
un seul et unique désir : porter assistance à tout juif (ainsi
qu''à tout non juif) de toute manière possible, matériellement
autant que spirituellement.

C''est ainsi que le Rabbi s’est lancé dans une campagne
éducative à l''échelle mondiale, animé par le désir intense
de voir un plus haut standard moral dans notre société.
L''objet premier en était de développer et de renforcer une
conscience raisonnée de D-ieu, la moralité et le Torah way
of life. En envoyant ses émissaires – les chlou''him – dans
un nombre si important de pays et de villes, le Rabbi est
parvenu à diffuser le message de la Torah et du Bien aux
enfants comme aux adultes juifs du monde entier. Ses
efforts pour le bien-être du Peuple Juif et de l''Humanité
dans son ensemble ont suscité l’admiration et l’éloge de
nombreux chefs d''Etats et de gouvernements.


Une influence mondiale

En 1972, le président américain Richard Nixon écrivit au
Rabbi « Votre dévouement à l''enseignement de votre foi a
fait du mouvement Loubavitch une richesse précieuse non
seulement pour la communauté juive mais pour l''ensemble
de nos concitoyens. »

De même, en 1975, le président Gerald Ford écrivait au
Rabbi « Vos efforts dans le domaine de l''éducation… ont
perpétué un héritage qui est une source de réconfort et de
courage pour nombre de nos concitoyens. »

Les petites graines plantées par l''action des émissaires du
Rabbi ont commencé à germer puis à grandir jusqu''à ce
que leurs répercussions se fassent ressentir de par le
monde. A mesure que la réputation du Rabbi allait
croissant, de plus en plus de leaders et d''entrepreneurs de
niveau international se confiaient à lui et le consultaient, lui
rendant visite de façon régulière.

« C''est par son influence que la conscience juive a atteint
des sommets sans précédents sur pratiquement tous les
continents. » (Elie Wiesel, prix Nobel)

« Le Rabbi s''est battu pour des idéaux qui ont rassemblé
les gens. Ils ne s''est pas seulement battu pour ces idéaux, il
les a personnifié… » (Le président de la Chambre des
Représentants, Newt Gingrich)

« Je me rappelle encore des yeux bleus et pénétrants du
Rabbi qui exprimaient conscience et sagesse… » (Its''hak
Rabin, premier ministre de l''Etat d''Israël)

De nombreux premiers ministres et hommes politiques
israéliens consultaient régulièrement le Rabbi en relation
avec l''adoption des lignes politiques, économiques et
militaires de l''Etat d''Israël. Le général Ariel Sharon
s''exclama au sortir d''une entrevue avec le Rabbi, « Cet
homme qui vit ici à Brooklyn est parfaitement au courant des
enjeux géographiques, démographiques et politiques qui
façonnent le caractère de l''Etat d''Israël. »

Parmi les hommes politiques israéliens qui rendirent visite
au Rabbi pour recevoir bénédictions et conseils se
trouvaient les premiers ministres Its''hak Rabin, Mena''hem
Begin, Its''hak Shamir, Shimon Peres, Binyamin Netanyahou
et Ariel Sharon. Des élus à la Knesset, des ministres et des
généraux, les présidents de l''Etat Zalman Shazar et Moché
Katsav, le ministre des affaires étrangères Abba Eban se
rendirent aussi auprès du Rabbi. Sans pour autant partager
systématiquement ses vues, ils respectaient toujours ses
idées et ne manquaient pas de revenir. Ils savaient que
l''opinion du Rabbi était issue de son désir d''assurer la
sécurité et le bien-être de toute l''Humanité. Ils savaient que
ses convictions étaient pétries des valeurs de la Torah. Ils
savaient sa vision n''était inspirée que par son amour du
prochain.

En France, le Président français, Jacques Chirac, ainsi que
de nombreux ministres et élus de Droite comme de Gauche
ont salué à de nombreuses reprises la mission éducative
assignée par le Rabbi au mouvement Loubavitch.



Une priorité : l’éducation

Parmi ses efforts pour susciter un regain d''intérêt envers la
qualité de l''éducation, le Rabbi proclama l''année 5738
(1977-78) « une année d''éducation ». Il lança un appel au
Congrès (le parlement américain) pour que celui-ci fixe une
« Journée de l''Education » dans le calendrier civil. Le
Rabbi avait le sentiment qu''une telle institution confèrerait
un sens plus profond à de vieilles traditions américaines
comme le Mothers day ou le Fathers day (respectivement la
« Fête des Mères » et la « Fête des Pères »). La Chambre
des Représentants, l''équivalent américain de l''Assemblée
Nationale, répondit à cet appel en proclamant l''année 1977
« Année de l''Education » pour l''ensemble des Etats-Unis.
En avril de l''année qui suivit, le Congrès exprima sa
reconnaissance envers les efforts du Rabbi en adoptant une
résolution proclamant le soixante-seizième anniversaire du
Rabbi Education Day USA, la journée nationale de
l''éducation aux Etats-Unis. Le président Jimmy Carter
ratifia cette résolution, qui devint, dès lors, une loi de sorte
que Education Day USA est depuis ce jour une tradition
annuellement renouvelée de la vie civile américaine.

Le Rabbi a toujours appelé de ses vœux des systèmes
éducatifs qui accordent une large place à la construction du
caractère en mettant l''accent sur des valeurs positives. A
cette fin, le Rabbi lança sa célèbre campagne pour un
Moment of Silence quotidien, appelant les écoles privées ou
publiques en Amérique à instituer un moment de réflexion
silencieuse au début de chaque journée. Ces quelques
instants de méditation favorisaient la libre expression par
chaque élève de ses convictions religieuses et créaient le
cadre permettant d''inculquer aux enfants la foi en le
Créateur du monde.

Le Rabbi appela le gouvernement américain à exercer son
influence dans ce domaine envers les pays en voie de
développement. Il fit remarquer que les Pères Fondateurs
de l''Amérique avaient fait imprimer les mots In G-d we trust
– « Nous croyons en D-ieu » – sur la monnaie américaine,
soulignant ainsi leurs aspirations quant à la force morale et
spirituelle de leur nation. « Par conséquent, » expliqua-t-il, «
la vocation de ce pays est d''être au premier plan des efforts
menés afin d''élever les standards mondiaux en matière
d''éducation, de moralité et d''éthique. »

C''est dans cet esprit que le Rabbi écrivit au président
Ronald Reagan en l''encourageant dans « son action
continue et courageuse en faveur des valeurs traditionnelles
et des valeurs américaines ». Le Rabbi assura le président
que ses efforts « suscitaient une réponse de plus en plus
réceptive ». Ceci amena le président Reagan à proclamer
une « Journée Nationale de Réflexion ». Une nouvelle fois,
en signe de reconnaissance pour les efforts et l''œuvre
accomplis par le Rabbi, c''est son anniversaire – le quatre-
vingtième – qui fut choisi pour cet événement.

Le président Reagan décida qu''un témoignage historique
serait remis au Rabbi en ce jour sous la forme d''un National
Scroll of Honor, un parchemin élogieux cosigné par le
président Reagan, le vice-président d''alors, George Bush
Sr, ainsi que par tous les Sénateurs et tous les membres de
la Chambre des Représentants.


Une action envers l’ensemble des Nations

Dans sa recherche d''un renforcement global de la moralité
et de l''éthique, le Rabbi ne limita pas le champ de son
action au seul Peuple Juif. Il encouragea ses Hassidim à
diffuser le code des sept Lois Noa''hides auprès de tous les
habitants de la planète.

Selon la tradition juive D-ieu donna à Noé (Noa''h) ces lois
immédiatement après le déluge. Ce sont ces lois qui
proscrivirent originellement le meurtre, le vol et l''adultère.
Ce sont elles qui ordonnèrent l''établissement d''un système
judiciaire gérant la société de façon juste et équitable. Ce
sont elles encore qui demandent à l''homme de reconnaître
l''autorité divine et d''être reconnaissant pour les
bénédictions que la vie nous réserve. Le Rabbi insista sur le
fait que la diffusion de ces lois participait d''un effort pour
amener paix, harmonie et moralité sur toute la surface de la
Terre. Il exprima particulièrement le souhait que les pays en
voie de développement se dotent de structures légales qui
suivent cette direction.

En réponse à cette campagne, le président George Bush
écrivit au Rabbi une lettre pour le remercier de ses efforts
dans ce domaine. Le président commença par citer le livre
des Psaumes « Ta parole est une lampe pour les pieds et
une lumière pour mon chemin ». La lettre présidentielle
faisait ensuite l''éloge de l''action du Rabbi pour conclure sur
les mots de Daniel Webster, le célèbre homme d''Etat
américain, « Si nous travaillons sur des esprits immortels et
les imprégnons de principes justes, de crainte de D-ieu et
d''amour du prochain, nous gravons en eux quelque chose
qui brillera éternellement. »

Le Rabbi croyait avec ferveur en la bonté intrinsèque de
l''homme et du potentiel positif de chaque être humain. Dans
une conférence donnée récemment à l''université de
Georgetown, le Rav Adin Steinzalts décrivit ainsi la
philosophie du Rabbi : « Le Rabbi avait coutume de dire :
Regardez au fond de vous-mêmes et vous vous apercevrez
que vous êtes bien meilleur que vous n''aviez osé
l''imaginer. »

« A chacune de nos rencontres, il touchait la profondeur de
mon être. Lorsque je repartais, j''avais le sentiment que,
pour un moment, j''avais vécu plus profondément, plus haut.
» (Elie Wiesel, prix Nobel)


Sa devise : faire toujours plus

Pendant les quarante quatre ans de son office, le Rabbi ne
s''octroya jamais le luxe de prendre des vacances, pas
même celui d''une journée de repos. Lorsque le Rav
Avraham Shayevitz, grand rabbin de Moscou, remercia le
Rabbi pour avoir envoyé tellement d''émissaires dans
l''ancienne Union Soviétique, le Rabbi répondit « Nous
avons fait si peu pour les Juifs soviétiques… Nous leur
devons beaucoup plus. »

« Le Rabbi fut pour tant de communautés – bien au-delà de
la sienne – un guide spirituel quasiment irremplaçable. »
(John Major, premier ministre du Royaume Uni)

« Il était un philosophe, un physicien, un chimiste, un
talmudiste et un maître du ''hassidisme. C''est sans aucun
doute la personne la plus intéressante, la plus fascinante et
la plus polyvalente qu''il m''ait été donné de connaître. »
(Professeur Avner Chaki, député à la Knesset)

« Sachons donc nous réinvestir dans l''amour de
l''apprentissage, l''amour de la bienfaisance et l''amour du
partage dont le champion était Rabbi Mena''hem Mendel
Schneerson, le Rabbi de Loubavitch. » (Bill Clinton,
président des Etats-Unis)

C''est, en effet la vision et le leadership du Rabbi qui furent
la force motrice du mouvement ''Habad-Loubavitch et la
source du succès que celui-ci connu au cours des dernières
décennies.

- En 1995, le Rabbi a reçu la Médaille d''Or du Congrès,
décernée à seulement 100 américains depuis l''époque de
Thomas Jefferson, en récompense de « ses contributions
remarquables et durables à l''amélioration de l''éducation,
de la morale et de la charité dans le monde ».

- Depuis 1994, le mouvement ''Habad-Loubavitch a
pratiquement doublé de taille en dépassant le nombre de
2700 représentations dans le monde. En 2004, plus de 150
centres ''Habad-Loubavitch furent créés.